Comprendre la situation de la prospection en France en 2020

Spread the love

Nous avions écrit un article identique en 2011.

En alertant sur le fait que le ministère allait mettre de très gros moyens pour lutter contre le pillage et contre l’utilisation anarchique des détecteurs de métaux. Nous pensions que la situation se tendrait énormément avec la création de la cellule de veille sur le pillage au ministère de la culture et surtout suite aux plaintes déposées en nombre et que de très nombreuses personnes au vu de leurs publications sur internet se retrouveraient avec des ennuis judiciaires. Mais personne n’a pris cet article au sérieux parmi les utilisateurs de détecteurs de métaux à cause des forum qui justement utilisaient les découvertes des UDM pour générer un important trafic sur leur site, souvent rémunéré par les publicité. Souvent des articles mal venus énervent nos détracteurs au plus haut point comme celui des “Villages disparus du Var” publié en 1993 dans la revue “Trésors de l’Histoire” à l’origine de l’interpellation d’une cinquantaine de prospecteurs en quelques semaines ou comme celui du lien ci dessous:

https://docplayer.fr/29838439-Le-pillage-du-chateau-de-bommiers-indre.html

Alors, en 2020 qu’est-ce qui a changé ?

TOUT par rapport à 2011. L’augmentation (sans précédent) du pillage et des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, les publications d’objets ou monnaies archéologiques ou historiques non déclarés à causé un grand nombre de procès, tous perdus. Mais surtout entre 2013 et 2020 ce sont plus de 500 plaintes qui ont été déposées !

Un reportage comme tant d’autres sur le pillage.

Des vidéos mettant en scène des découvertes ou des pratiques en dehors de la détection dite libre ont plombé la détection de loisir et mettent en danger leurs auteurs qui parfois se retrouvent avec une plainte et un procès, feriez-vous une vidéo où vous montreriez avoir brûlé deux stop, trois feux rouges? De plus certaines de ces vidéos sont mises en ligne par des personnes directement rémunérées par des boutiques ou bien à qui certaines boutiques font quelques petits (ou gros) cadeaux…

Le cœur de cible marketing de certaines boutiques n’est pas le débutant en détection, mais le JEUNE adulescent MOINS QUE DÉBUTANT et donc qui ne connaît rien à la détection. Comprenez celui qui n’a jamais détecté et dont l’âge se situe en 14 et 25 ans, d’où toutes ces vidéos qui pullulent sur les sites de diffusion de vidéos très prisés par cette tranche d’âge.

Entre 2013 et 2020 on récence plus de 500 procédures lancées au sujet du pillage, et par exemple en région PACA (Provence Alpes Côte d’Azur) la DRAC à déposé 115 plaintes entre 2013 et 2019, à identifié près d’un millier de prospecteurs dans cette région et pendant le confinement c’est plus d’un prospecteur par jour qui à été contrôlé… en illégalité.

Comme une majorité d’utilisateurs de détecteurs de métaux ne déclare rien, certains vendeurs prétextent qu’en déclarant on aura droit à un procès ou pire on ira direct en prison (cela n’est jamais arrivé) reprenant le poncif tant entendu dans certaines grosses boutiques de détection… sur les forum ou dans des vidéos, les réseaux sociaux. Évidement cet argument est faux. Sur les centaines de déclarations que nos membres ont effectuées, cela ne s’est jamais produit. Battant en brèche cette accusation mensongère. Nous avons compris pourquoi. Et maintenant vous allez savoir pourquoi.

Certaines boutiques rachètent des objets ou monnaies à leurs clients (à 5% maxi de leur valeur réelle). Ces déclarations leur feraient-elles perdre de l’argent??
Pour arriver à leurs fins, ils sont prêts à faire peur à leurs clients au sujet des déclarations et à leur faire croire que les archéologues sont les premiers à piller et qu’ils ont des vrais musées chez eux. Les plus crédules les croient sur parole, et vont à leur tour propager cette calomnie un peu partout sur le net. Un bel exemple de ce qui vient d’être dit précédemment illustre parfaitement ce que les pillards (et leurs complices) sont capables de diffuser comme fausse information: Dans l’affaire du plus gros pilleur de Lorraine, euh du plus gros pilleur d’Europe, perquisitionné il y a une quinzaine de jours, les pillards ont fait croire que ce serait un archéologue qui n’aurait pas déclaré toutes ses découvertes lors de ses fouilles !! Ci dessous une vidéo explicative de l’affaire.

La plus grosse affaire de pillage en France jamais réalisée depuis l’histoire de la détection de métaux !

D’autre part le discours de certains gros vendeurs de détecteurs n’ayant pas changé en 50 ans, bloquent toute avancée. Si vous les interrogez sur le Treasure Act, ils vous diront qu’ils sont tous POUR. Mais leur vraie pensée est QU’IL NE FAUT SURTOUT PAS UN TREASURE ACT EN FRANCE. En effet, ils redoutent tous une perte de chiffre d’affaire qu’ils ne veulent surtout pas perdre, même s’il fallait mettre en place un système qui plairait à tous les prospecteurs de France. ILS FONT BLOCAGE. Raison aussi pour laquelle ils n’ont JAMAIS investi un seul centime pour une détection RAISONNÉE et RESPONSABLE comme en Angleterre.

Pourquoi sommes-nous considérés comme des pilleurs ?

Pour plusieurs raisons :

1/ Beaucoup d’utilisateurs de détecteurs de métaux ne fait pas de la détection comme prévue dans les textes publiés au journal officiel. Ils font de la détection, comme elle se pratiquait dans les années 70, faisant fi de la loi 89-900, du code du patrimoine et de la loi du 7 juillet 2016.

2/ En prospectant de long en large sur un terrain, ils font sans le savoir une prospection systématique de ce terrain. C’est ce que les archéologues font eux aussi lorsqu’ils font une prospection pédestre (visuelle) et ce genre de prospection nécessite une autorisation préfectorale. Ce que montre la jurisprudence.

Utilisation du discours des vrais pilleurs

3/ On peut lire très souvent sur les réseaux sociaux ou sur internet que les archéologues, ont des collections à leur domicile bien supérieures à celle d’un prospecteur au détecteurs. Et que ce seraient les premiers à piller. C’EST COMPLETEMENT FAUX !! La preuve à chaque fois que j’ai demandé des noms, personne n’a été capable d’en fournir un seul ! Au final c’est toujours pareil: “on m’a dis que”. Qui est ce “on m’a dis que” et qui discrédite les archéologues en créant un climat volontairement délétère ? Je vous laisse deviner. en tout cas mathématiquement il y en a plus chez les prospecteurs que chez les archéologues, puisqu’il y aurait entre 10 et 100 fois plus de prospecteurs au détecteur que d’archéologues…

4/ L’absence de l’autorisation du propriétaire du terrain revient souvent dans les procédures. C’est aussi souvent le propriétaire qui prévient la gendarmerie de la présence de personne détectant dans leurs champs. Ne pas avoir l’autorisation du propriétaire du terrain, c’est déjà être en infraction avec le code de la propriété du sol. En ce cas vous êtes considéré par la justice comme ayant tenté de voler le propriétaire du terrain. Il n’est pas étonnant qu’on en arrive à des confusions qui entraînent des cas comme celui-ci :

La plus grosse affaire de pillage au détecteur de métaux en Europe ?

Publication d’objets ou monnaies non déclarés

5/ La publication d’objets ou de monnaies non déclarées nuit gravement à l’image de marque de la détection de loisir. Des milliers de personnes désireuses de s’acheter un détecteur chaque année ne le font pas. En effet lorsqu’elles découvrent sur les réseaux sociaux ou les forum de détection les discussions qui tournent autour des objets ou monnaies archéologiques agrémentées de photos ou de vidéos dont bien souvent le propriétaire du terrain n’est même pas au courant des découvertes… Puisque sur ces même vidéos on ne voit JAMAIS la remise au propriétaire du terrain des objets découverts !! Rappelons que sur un terrain acquis avant le 8 juillet 2016, tout ce qui y est trouvé APPARTIENT INTÉGRALEMENT AU PROPRIÉTAIRE DU TERRAIN.

Mauvaise information de l’utilisateur

6/ Parce que nombre d’utilisateurs ne respectent pas les textes réglementaires. Ce qui à été interdit en 1989, c’est la chasse aux trésors de notre patrimoine (ou chasse aux trésors tout court) et la recherche à la billebaude (sans but précis). Rappelons que les professionnels de la détection ne font JAMAIS de la détection comme vous et moi. Ils ne prennent pas de risques, mais nous les font prendre ! toutes les émissions de chasse au trésor ne montrent QUE la recherche d’un bien familial, quasiment jamais le reste.

Mais comme certains vendeurs de matériel en sont encore restés à la détection de grand-papa des années 70 et n’ont pas évolué et sont pour beaucoup restés dans l’esprit de la vidéo ci-dessous. Ils ne disent jamais à leurs clients ce qui est libre en détection: Recherche d’un objet perdu récemment, recherche de canalisation, de bien familial, etc de peur de perdre une vente. Pourtant le vendeur, c’est le premier contact avec l’utilisateur final.

Et si vous en doutiez la Tour de Montlhéry n’est autre qu’un monument classé depuis 1840 !!

Ce vendeur à une responsabilité qui peut être mise en cause lors d’une procédure s’il n’a pas pris soin d’informer correctement son client. Et ce n’est pas avec la toute petite explication fournie dans les notices de détecteur, qui d’ailleurs ne correspond pas au texte officiel devant être mentionné obligatoirement, que l’utilisateur sera bien renseigné. Alors qu’il serait si simple et bien plus responsable pour un vendeur d’informer clairement son client sur ce qu’il peut faire et ne peut pas faire.

Ainsi on entends souvent dire: “Vous pouvez aller partout sauf sur les sites classés archéologiques“. Ce n’est que partiellement vrai. En réalité en France il y a 1700 sites classés pour 560.000 sites archéologiques enregistrés (et donc connus des archéologues). La loi s’applique autant sur les sites classés, non classés que sur les sites connus ou inconnus et sur les terrains contenant des vestiges archéologiques (Cf: loi du 15 juillet 1980) mais ne contenant pas forcément un site archéologique. On peut lire parfois aussi: “la détection est un loisir, ce n’est pas du tout un délit”. Ben, oui, mais c’est un raisonnement très court intellectuellement… C’est un loisir lorsqu’on cherche quelque chose de perdu récemment pour celui qui désire le retrouver. C’est un DÉLIT lorsqu’on n’a pas de but précis, que l’on ratisse un terrain à la recherche de tout ce qui peut être métallique et que l’on a sur soit des objets archéologiques que l’on vient de trouver! Car l’effet de la recherche est bien là du coup.

On peut lire actuellement sur nombre de pages de réseaux sociaux ou sur les fora de détection qu’avec la nouvelle loi, tout revient à l’État, mais ce n’est pas tout à fait exact (encore une fois!). Les objets ou monnaies sont PRÉSUMÉS appartenir à l’État, il est bien écrit PRÉSUMÉ dans le texte de loi, d’abord parce que des objets RÉCENTS peuvent avoir un propriétaire ou bien des descendants de celui qui à caché ou enfoui (héritiers) ensuite parce qu’il faut qu’il y ait un intérêt scientifique et que le terrain ait changé de propriétaire après le 7 juillet 2016…

Ciblage du terrain

7/ Parce que certains UDM utilisent les cartes, les toponymes, les photos aériennes, la bibliographie archéologique, détectent autour de ruines, autour de vieux puits, de vieille chapelles. Ces types de prospection au détecteur nécessitent OBLIGATOIREMENT une autorisation préfectorale délivrée par la préfecture de région. Que l’on n’aura pas parce que ces sites sont déjà tous connus !! Ne rêvez pas, vous n’aurez pas d’autorisation pour aller détecter sur un site archéologique ou historique connu. En revanche vous pouvez en avoir pour faire une prospection EN DEHORS DE TOUT SITE CONNU. Pêcher dans un aquarium ne sert pas à grand chose et détecter pour détecter non plus, surtout lorsqu’on a ciblé le terrain.

Vendu sur internet sitôt identifié

8/ Certains prospecteurs revendent les objets découverts sur les sites de ventes en ligne. Il faut dire que depuis des années une association débillissime à déjà publié un article sur comment gagner un peu d’argent dans “Arrondir ses fin de mois” (N°5) et que souvent certains professionnels font encore miroiter la chasse aux trésors de notre patrimoine commun, celle qui est interdite… Ou bien la détection au hasard, à la billebaude, celle qui est interdite.
Malheureusement, ces ventes nous font grand tort, même si de nombreux procès ont eut lieu suite à ces mises en ventes, on voit toujours passer dans la grande presse ou la presse locale des articles sur des perquisitions de vendeurs d’objets archéologiques. Pourtant les amendes énormes devraient en dissuader plus d’un.

Mauvaise image données par certains professionnels de la vente de détecteurs

Depuis des années certaines boutiques de ventes de détecteurs donnent une très mauvaise image de la détection de loisir. En effet, on ne compte plus les articles débiles dans certaines revues ou certains sites web.

On ne compte plus les procédures qui ont totalement plombé la détection de loisir mêlant des boutiques de détection ayant racheté à vil prix les découvertes de leurs clients. Comme dans l’affaire du trésor de Cuts ou celle de cette boutique de Rouen (et bien d’autres) ou comme dans cette grosse boutique parisienne.

De plus, de nombreux professionnels ont été “testés” au téléphone ou en boutique par des clients mystères…

Heureusement que tous ne sont pas comme ceux décrits plus haut. On en connais des très sérieux.

Responsabilité collective

On le voit, la responsabilité est collective, mais la responsabilité de certains est plus qu’énorme. Il serait pourtant bien simple d’agir tous de façon responsable et raisonnée pour arriver à faire de notre loisir quelque chose de plus reconnu.

Le pillage du trésor de Laignes

Laisser un commentaire