Comprendre la situation de la prospection en France en 2020

Nous avions écrit un article identique en 2011.

Il nous faut revenir un peu en arrière dans le temps pour mieux comprendre la situation actuelle. S’il y a toujours eu des pillages depuis l’aube des temps, certains ont utilisé des détecteurs de métaux depuis leur apparition sur le marché grand public dans les années 70 en allant un peu partout. En 1989 le législateur par la loi 89-900 et la loi 89-874 décide de renforcer la législation en décembre 1989.

En alertant sur le fait que le ministère allait mettre de très gros moyens pour lutter contre le pillage et contre l’utilisation anarchique des détecteurs de métaux. Et nous n’avons pas été les seuls à prévenir, comme en témoigne cette page de l’ANDL.

Mais personne n’a pris cet article au sérieux parmi les utilisateurs de détecteurs de métaux à cause des forum qui justement utilisaient les découvertes des UDM pour générer un important trafic sur leur site, rémunéré parfois par les publicité. Souvent des articles mal venus énervent nos détracteurs au plus haut point comme celui des “Villages disparus du Var” publié en 1993 dans la revue “Trésors de l’Histoire” à l’origine de l’interpellation d’une cinquantaine de prospecteurs en quelques semaines ou comme celui du lien ci dessous:

https://docplayer.fr/29838439-Le-pillage-du-chateau-de-bommiers-indre.html

Alors, en 2020 qu’est-ce qui a changé ?

TOUT par rapport à 2011. L’augmentation du pillage et des fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux. Mais surtout entre 2013 et 2020 ce sont plus de 500 plaintes qui ont été déposées !

Un reportage comme tant d’autres sur le pillage.

Des vidéos mettant en scène des découvertes ou des pratiques en dehors de la détection dite libre ont plombé la détection de loisir. Elles mettent en danger leurs auteurs qui parfois se retrouvent avec une plainte et un procès. Feriez-vous une vidéo où vous montreriez avoir brûlé deux stop, trois feux rouges?

Entre 2013 et 2020 on récence plus de 500 procédures lancées au sujet du pillage. Ainsi en région PACA la DRAC à déposé 115 plaintes entre 2013 et 2019, à identifié près d’un millier de prospecteurs dans cette région et pendant le confinement c’est plus d’un prospecteur par jour qui à été contrôlé… en illégalité.

Certains prétextent qu’en déclarant on aura droit à un procès ou pire on ira direct en prison. Évidement cet argument est faux. Sur les centaines de déclarations que nos membres ont effectuées, cela ne s’est jamais produit.

Dans l’affaire du plus gros pilleur de Lorraine,perquisitionné il y a une quinzaine de jours, certains ont fait croire que ce serait un archéologue. Et qu’il n’aurait pas déclaré toutes ses découvertes lors de ses fouilles !! Ci dessous une vidéo explicative de l’affaire.

La plus grosse affaire de pillage en France jamais réalisée depuis l’histoire de la détection de métaux !

D’autre part certains bloquent toute avancée ils redoutent tous une perte de chiffre d’affaire, même s’il fallait mettre en place un système qui plairait à tous les prospecteurs de France. Raison aussi pour laquelle ils n’ont JAMAIS investi un seul centime pour une détection RAISONNÉE et RESPONSABLE comme en Angleterre.

Pourquoi sommes-nous considérés comme des pilleurs ?

Pour plusieurs raisons :

1/ Beaucoup d’utilisateurs de détecteurs de métaux ne fait pas de la détection comme prévue dans les textes publiés au journal officiel. Ils font de la détection, comme elle se pratiquait dans les années 70.

2/ En prospectant de long en large sur un terrain, ils font sans le savoir une prospection systématique de ce terrain. C’est ce que les archéologues font eux aussi lorsqu’ils font une prospection pédestre (visuelle). Et ce genre de prospection nécessite une autorisation préfectorale. Ce que montre la jurisprudence.

Utilisation du discours des vrais pilleurs

3/ On lit sur les réseaux sociaux ou sur internet que les archéologues, ont des collections à leur domicile bien supérieures à celle d’un prospecteur au détecteurs. Et que ce seraient les premiers à piller. C’EST COMPLÈTEMENT FAUX !! La preuve à chaque fois que j’ai demandé des noms, personne n’a été capable d’en fournir un seul !

Au final c’est toujours pareil: “on m’a dis que”. Qui est ce “on m’a dis que” et qui discrédite les archéologues en créant un climat volontairement délétère ?

Autorisation du propriétaire du terrain obligatoire

4/ L’absence de l’autorisation du propriétaire du terrain revient souvent dans les procédures. Souvent c’est le propriétaire qui prévient la gendarmerie de la présence de personne détectant dans leurs champs. Sans autorisation du propriétaire du terrain, c’est déjà être en infraction avec le code de la propriété du sol. En cas de non-déclaration vous pourriez être considéré par la justice comme ayant tenté de voler le propriétaire du terrain. Il n’est pas étonnant qu’on en arrive à des confusions qui entraînent des cas comme celui-ci :

La plus grosse affaire de pillage au détecteur de métaux en Europe ?

Publication d’objets ou monnaies non déclarés

5/ La publication d’objets ou de monnaies non déclarées nuit gravement à l’image de marque de la détection de loisir. Puisque sur ces même vidéos on ne voit JAMAIS la remise au propriétaire du terrain des objets découverts !! Rappelons que sur un terrain acquis avant le 8 juillet 2016, tout ce qui y est trouvé APPARTIENT INTÉGRALEMENT AU PROPRIÉTAIRE DU TERRAIN.

Ce qui a été interdit en 1989

6/ Ce qui à été interdit en 1989, c’est la chasse aux trésors de notre patrimoine et la recherche sans but précis. Rappelons que les professionnels de la détection ne font JAMAIS de la détection comme vous et moi. Toutes les émissions de chasse au trésor ne montrent QUE la recherche d’un bien familial, quasiment jamais le reste.

Ainsi quelques vendeurs de matériel en sont encore restés un peu l’esprit de la vidéo ci-dessous.

Et si vous en doutiez la Tour de Montlhéry n’est autre qu’un monument classé depuis 1840 !!

Partout sauf sur les sites classés ?

Ainsi on entends souvent dire: “Vous pouvez aller partout sauf sur les sites classés archéologiques“. Ce n’est que partiellement vrai. En réalité en France il y a 1700 sites classés pour 560.000 sites archéologiques enregistrés. La loi s’applique autant sur les sites classés, non classés que sur les sites connus ou inconnus et sur les terrains contenant des vestiges archéologiques (Cf: loi du 15 juillet 1980) mais ne contenant pas forcément un site archéologique.

On peut lire parfois aussi: “la détection est un loisir, ce n’est pas du tout un délit”. C’est un loisir lorsqu’on cherche quelque chose de perdu récemment pour celui qui désire le retrouver. C’est un DÉLIT lorsqu’on n’a pas de but précis, que l’on ratisse un terrain à la recherche de tout ce qui peut être ancien. Idem si l’on a sur soit des objets archéologiques que l’on vient de trouver! Car l’effet de la recherche est bien là du coup.

Nouvelle loi ?

On peut lire actuellement sur nombre de pages de réseaux sociaux ou sur les fora de détection qu’avec la nouvelle loi, tout revient à l’État, mais ce n’est pas tout à fait exact (encore une fois!). Les objets ou monnaies sont PRÉSUMÉS appartenir à l’État, il est bien écrit PRÉSUMÉ dans le texte de loi, d’abord parce que des objets RÉCENTS peuvent avoir un propriétaire ou bien des descendants de celui qui à caché ou enfoui (héritiers) ensuite parce qu’il faut qu’il y ait un intérêt scientifique et que le terrain ait changé de propriétaire après le 7 juillet 2016…

Ciblage du terrain

7/ Certains UDM utilisent les cartes, les toponymes, les photos aériennes, la bibliographie archéologique. D’autres détectent autour de ruines, autour de vieux puits, de vieille chapelles. Ces types de prospection au détecteur nécessitent OBLIGATOIREMENT une autorisation préfectorale. Que l’on n’aura pas parce que ces sites sont déjà tous connus !! Ne rêvez pas, vous n’aurez pas d’autorisation pour aller détecter sur un site archéologique ou historique connu (sauf cas exceptionnel). En revanche vous pouvez en avoir pour faire une prospection EN DEHORS DE TOUT SITE CONNU. Pêcher dans un aquarium ne sert pas à grand chose surtout lorsqu’on a ciblé le terrain.

Vendu sur internet sitôt identifié

8/ Certains prospecteurs revendent les objets découverts sur les sites de ventes en ligne.

Malheureusement, ces ventes nous font grand tort, même si de nombreux procès ont eut lieu suite à ces mises en ventes, on voit toujours passer dans la grande presse ou la presse locale des articles sur des perquisitions de vendeurs d’objets archéologiques. Pourtant les amendes énormes devraient en dissuader plus d’un.

Mauvaise image données par certains professionnels de la vente de détecteurs

Depuis des années certaines boutiques de ventes de détecteurs donnent une très mauvaise image de la détection de loisir. En effet, on ne compte plus les articles débiles dans certaines revues ou certains sites web.

On ne compte plus les procédures qui ont totalement plombé la détection de loisir mêlant des boutiques de détection ayant racheté à vil prix les découvertes de leurs clients. Comme dans l’affaire du trésor de Cuts ou celle de cette boutique de Rouen (et bien d’autres).

De plus, de nombreux professionnels ont été “testés” au téléphone ou en boutique par des clients mystères…

Heureusement que tous ne sont pas comme ceux décrits plus haut. On en connais des très sérieux.

Un reportage en particulier va défrayer la chronique

Fait a la base pour dénoncer les pillages, on aurait pu penser que cela y aurait mis un frein. Mais c’est l’inverse qui va se produire, de nombreux détecteurs seront vendus à la suite du reportage. Et nous nous sommes retrouvés dans notre loisir avec des personnes sans doute moins soucieuses qu’avant. Ci dessous le reportage de France 5 – Doc du Dimanche de mai 2009.

Responsabilité collective

On le voit, la responsabilité est collective, mais la responsabilité de certains est plus qu’énorme. Il serait pourtant bien simple d’agir tous de façon responsable et raisonnée pour arriver à faire de notre loisir quelque chose de plus reconnu.

Le pillage du trésor de Laignes

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